19.01.2009
Un an et un jour
Aujourd’hui, ça fait un an et un jour que leur histoire a pris fin. Si vous trouvez un parapluie dans la rue, si personne n’est venu le réclamer avant un an et un jour, l’adage veut que le parapluie vous appartienne. Ca fait un an et un jour que leur histoire a pris fin et son chagrin est officiellement à elle, personne ne peut plus en revendiquer la propriété. Un matin de printemps ils avaient discuté de la pluie et du beau temps comme tous les matins d’ailleurs depuis quelques mois déjà. La pause de dix heure était un bon moment pour engager la conversation avec les autres membres de la boîte. Tout le monde se retrouvait autour d’un café, d’une boisson fraîche, d’une cigarette. En général, après s’être commandé un cola sans calories, elle s’asseyait sur le banc en bois sous le mélèze et attendait quelques minutes. Il arrivait après elle parce que son bureau à lui était au deuxième étage. Ils discutaient, là, quelques minutes, le temps de boire leur soda, puis regagnaient leur bureau. Mais ce jour-là, il l’invita à prendre un verre. C’était son anniversaire et il avait prévu d’aller jouer au bowling avec quelques amis. « Ça me ferait plaisir que tu m’accompagnes » avait-il lancé en la regardant droit dans les yeux. Elle le trouvait si beau. Son jeune âge ne la dérangeait pas. Que du contraire. Dix ans avaient beau les séparer, elle était certaine que c’était ce qui lui donnait tout son charme. Elle décida donc d’accepter l’invitation. C’est une fois arrivée au bowling qu’elle s’était aperçue qu’en lieu et place de ses amis, c’était sa famille qui était là et qu’elle était la seule à ne pas en faire partie. Tout au long de la soirée, leurs regards se firent plus complices. Il lui souriait et elle sentait le sol se dérober sous ses pieds. Ses frères et sœurs n’avaient de cesse de lui dire qu’il n’avait qu’elle à la bouche. Elle avait vite compris qu’elle lui plaisait et s’était rendue compte qu’elle éprouvait quelque chose de fort pour lui. À la fin de la soirée, il la raccompagna à sa voiture. Quand il s’était agi de se dire au revoir, ni lui ni elle n’avait osé un baiser. Et pourtant, ils savaient tous les deux ce qui venait de se passer. Leur histoire avait commencé. Au boulot les pauses de dix heures se faisaient attendre interminablement, leurs mains se frôlaient, leurs yeux se perdaient dans le regard de l’autre, les sourires se faisaient de plus en plus tendres. Tous les prétextes lui étaient bons pour monter au deuxième pour l’entrevoir une seconde par la porte ouverte de son bureau. Elle était amoureuse. Lui aussi. Les week-ends, ils se retrouvaient au parc pour profiter des premiers rayons de soleil de l’été, ils passaient des heures entières à discuter de leurs passions, ils refaisaient le monde à leur manière. Ils étaient seuls au monde. Malgré ça, jamais ils ne s’étaient embrassés, jamais ils ne s’étaient étreints, jamais ils ne s’étaient pris la main. Il avait dix ans de moins qu’elle et était intimidé par son assurance de femme mûre. Elle n’avait pas envie d’installer comme un rapport de force entre eux et donc lui laissait décider de quand et comment se passerait leur premier baiser. Ils en avaient discuté, ils en avaient envie tous les deux, mais se laissaient le temps, ils étaient d’accord. Et puis c’était si bon de ne pas savoir. Chaque fois qu’ils étaient ensemble leur attirance était si forte et pourtant ni l’un ni l’autre ne savait si ce baiser aurait lieu. Chaque frôlement de main, chaque rapprochement déclenchait en eux un frissonnement de bonheur. Il suffisait qu’il effleure son genou pour que le monde n’existe plus. Elle n’avait qu’a lui parler au creux de l’oreille et son corps tremblait de désir. Ils en jouaient, ils aimaient provoquer l’envie. C’était si bon. Jamais ils n’avaient aimé de cette façon.Et puis un jour, il avait été transféré. Leur firme l’envoyait dans le pays voisin. Ils se jurèrent de ne pas se perdre. Ils s’appelleraient, prendraient le train, s’écriraient.Elle avait pris le TGV plusieurs fois. Lui avait pris l’avion. Ils s’échangèrent des lettres enflammées, des messages désespérés. Il avait rencontré quelqu’un mais l’aimait toujours autant. Il n’avait jamais aimé comme il l’aimait elle. Elle commençait à comprendre qu’elle devrait céder sa place, un jour ou l’autre, à une plus jeune, plus proche. Elle était malheureuse. Il était triste de ne plus la voir aussi souvent. Et puis le temps à fait son œuvre. Ils s’échangeaient un message de temps à autres, ne se voyaient plus. Il était amoureux de deux femmes, elle était amoureuse d’un homme trop jeune. Petit à petit ils ne s’écrivaient plus, ne se voyaient plus. Ils s’étaient perdus. Sans un baiser, sans se toucher. Mais ils s’aimeraient éternellement. Aujourd’hui ça fait un an et un jour qu’il est parti. Son chagrin lui appartient pour toujours.Lily.
21:13
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16.09.2008
* You've got mail *
Hier soir, soirée film d’horreur et fast food avec Mali. Tout ce qui faut pour mon moral. Rendez-vous devant le ciné un quart d’heure avant la séance. « Ca dérange si Seb vient avec nous ? » que néni, plus on est de fous plus on ri. Passage obligé par le snack du ciné, un litre de coca et cinq cent grammes de pop corn plus tard, je suis installée dans le fauteuil rouge et moelleux. Ca démarre fort : giclure de sang et gros plan sur la carotide mis à nu du personnage. Gros fou rire. Quelques minutes plus tard, je retrouve sur le grand écran ma commode et mon miroir. Faut pas demander comme l’intrigue est prenante si je remarque les détails des décors… A la sortie de la salle, je dois quand même avouer que j’ai sursauté une fois ou deux. Le coup de l’oiseau qui s’envole avec vacarme quand le héros est dans le noir, poursuivi par le méchant et que la musique de fond est sinistre ça fait toujours recette. En tout cas, moi je suis bonne cliente. Mon moralomètre a déjà remonté pas mal quand Mali et Seb proposent de passer au drive in du fast food et de rejoindre mon homme chez eux pour terminer la soirée par des jeux de société. Mais quelle bonne idée ! « Un maxi menu Big Giant, un maxi menu Mac Sandwiq, quatre hamburgers, deux Fleury softy sauce chocolat, et deux méga coca siouplé mamoiselle». Le temps d’arriver à Gembloux, que mon amoureux nous rejoigne et qu’on se décide à manger, les frites étaient froides et caoutchouteuses, les hamburgers en plastique, les desserts fondus et les cocas chaud. Mais qu’est-ce qu’on a bien mangé, mmmmmmmmmm… Bip-bip, bip-bip. « Et Lily, t’as un message ! », « Pff tous les gens que j’aime sont là, ça peut attendre », « Oui mais si c’est tes parents ? ». Bon à la demande générale, j’ouvre mon portable. « Bonjour Lily, c’est ti bou t’chou… Papa, maman et moi, on voulait savoir si tu accepterais de devenir ma marraine ? Même si c’est non, je t’aime déjà très fort. » Heu…glurps…heu…(regard vers Mali)…heu… Je me dirige vers elle, je la serre fort, très fort et très longtemps dans mes bras. Je pleure, pas moyen d’articuler mais c’est oui. Bien sûr que c’est oui. A son tour, Seb a droit à un énorme hug de ma part. Je n’en reviens pas. Ils m’aiment et me font confiance à ce point là ? Wouaw ! Je vais être marraine…mon moralomètre est au beau fixe pour les quarante ans à venir... Lily
19:39
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07.09.2008
Savoir mourir pour mieux renaître.
Six heures, le réveil sonne. Ça y est, c’est la rentrée. Certains sont en standby depuis deux mois alors que d’autres n’ont pas levé la tête et ont laissé filer l’été (quel été ?). Je me demande lesquels sont les plus à plaindre. Pour moi, rentrée rime avec nouveau job. Je tournais en rond dans l’ancienne boîte, il était temps que j’aille mettre mon nez ailleurs. Et j’ai trouvé un ailleurs, à quarante kilomètres de là, à Dinant. Je retourne à mes racines. Stress et moustiques ne m’ont pas vraiment aidée à passer une bonne nuit et j’arrive au boulot avec des cernes monumentales. Moi qui suis d’habitude si extravertie, je me surprends à rester en retrait et à écouter tous ces gens discuter entre eux comme des vieux amis autour d’un bon verre de vin. Je n’ai pas encore ma place dans ce microcosme constitué de mes nouveaux collègues. Soudain, tout un tas de questions me traversent l’esprit : que font Gaëlle, Caro, Christian, Damien et Steph en ce moment ? Est-ce que les personnes que je côtoyais tous les jours auparavant pensent encore à moi ? Ma remplaçante s’y retrouve-t-elle dans mes affaires ? A-t-elle réussi à me faire (déjà) oublier ? Alors que l’on m’explique les habitudes de ma nouvelle boîte, mon esprit s’égare et je n’écoute pas les recommandations de mes collègues. Je revis mon premier jour à Namur : même si l’accueil avait été aussi froid qu’une nuit d’hiver en Sibérie, je restais certaine que ce boulot était fait pour moi et que je m’y épanouirais. Curieusement mon impression est totalement différente aujourd’hui. Ce job, c’est moi qui l’ai voulu c’est vrai, mais quelque chose me retient. Quelque chose m’empêche de baisser ma garde et de me laisser glisser dans cette place. J’ai comme l’impression que ce job et moi allons avoir du mal à nous entendre. J’aime mon boulot, j’aime l’idée de le faire avec de nouvelles personnes, j’aime l’idée de nouveaux challenges, mais il y a quelque chose que je n’aime pas dans ce job. Sans doute n’ais-je pas encore coupé le cordon avec Jambes. Sans doute ne suis-je pas encore prête à être la collègue d’une autre. Sans doute n’ais-je pas le courage de recommencer tout à zéro : « Bonjour, moi c’est Lily, je suis la nouvelle »… Quoi qu’il en soit, il y a quelque chose qui va de travers. Mais je ne compte pas me laisser faire. Il me reste trois cent jours pour arranger les bidons. Je peux y arriver…
16:41
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28.08.2008
some things never change
13:00
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15.06.2008
Lettre ouverte à ceux qui veulent vivre ma vie à ma place…
Très chers vous tous (pas vous mes chers sujets, non, seulement les autres), laissez-moi profiter de cet espace virtuel pour vous expliquer un petit quelque chose, et accessoirement régler quelques comptes. N’en déplaise à Charl’, il me semble que cette page est tout à fait ce qu’il faut pour pallier mon manque de couille (heu franchise, disons franchise) face à certains d’entre vous. Et advienne que pourra, j’aime vive dangereusement. Peut-être mon prochain billet sera-t-il réservé aux réclamations et autres rouspétances de votre part… Commençons par le début: il y a un certain temps déjà, j’ai quitté le nid. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai laissé papa et maman me faire signe sur le pas de la porte de la maison familiale. Cela s’est fait non sans difficultés je vous l’accorde. Etant fille unique et au vu de la relation que j’entretiens avec mes parents, je n’aurais pas parié sur mon départ, mais je l’ai fait et quoi qu’on en pense je suis assez fière de moi. J’ai pris ma vie en main. Dans le désordre : j’ai choisi mon compagnon et vous savez quoi ? J’ai eu de la chance, il a accepté de partager ma vie. J’ai trouvé un job et vous savez quoi ? Mes supérieurs semblent satisfaits de mon boulot. J’ai acheté une voiture et vous savez quoi ? Je paye mes mensualités seule depuis trois ans. J’ai pris un chat et vous savez quoi ? Il est toujours en vie et se porte à merveille. Bien sûr, je fais des erreurs. Pas moyen de garder une plante verte en vie par exemple. Et des erreurs j’en ferai certainement encore. Des petites, qui ne porteront pas à conséquences, et d’autres, plus importantes, qui seront pénibles à corriger. Mais vous tous, qui avez l’air de si bien savoir ce que je dois faire ou pas, n’avez-vous pas fait des erreurs ? Ne me dites pas que vous essayez de me préserver avec vos conseils (qui ressemblent plus à des injonctions qu’à des conseils cela dit). Ne me dites pas que si je suis vos conseils j’éviterai les croche-pieds. Vous savez tous aussi bien que moi que ce sont mes erreurs qui me feront avancer. C’est de mes erreurs que je tirerai les meilleures leçons qui me rappelleront de lever le pied pour ne pas trébucher à la prochaine marche. Alors à vous tous qui savez si bien ce qui est bon pour moi, vous tous qui ne pensez qu’à me dire comment je dois mener ma barque, je voudrais dire ceci : laissez-moi vivre ma vie comme je l’entends (un chien ? un enfant ? une nouvelle voiture ? des vêtements ? des vacances ?) , laissez-moi trébucher et me relever les genoux écorchés. Laissez-moi prendre les décisions. C’est MA vie dont il s’agit. Je suis désolée si vous avez parfois l’impression de ne pas avoir vécu la vôtre comme vous l’auriez voulu, sans doute avez-vous trop écouté les bonnes âmes prêtes à vous aider. Mais tenter de me faire vivre ma vie comme VOUS l’entendez ne vous rendra pas votre jeunesse et ne changera rien aux choix que vous avez faits auparavant. Tout au plus cela vous rappellera amèrement ces erreurs que vous auriez aimé ne pas faire. Sans doute pourrais-je malgré tout tirer quelques leçons purement théoriques de votre passé, mais ne pensez-vous pas que je sois assez grande pour demander quelques conseils à l’occasion ? Avez-vous tellement besoin de reconnaissance que vous angoissez à l’idée de ne pas pouvoir vous faire plaindre lorsque vous racontez vos erreurs ? Mais pensez-y donc, mesdames et messieurs les donneurs de leçons, à force d’être conseillée même lorsque je ne le désire pas, je risque effectivement de ne pas me tourner vers vous le jour ou mes questions n’auront pas de réponses… Lily.
22:46
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09.06.2008
“Being good isn’t always easy…
…no matter how hard I try” qu’elle dit elle dans sa chanson (“Son of a preacher man” – Aretha Franklin ndlr). Comme je suis d’accord avec elle... Vous avez déjà pu lire, mes chers sujets, qu’il ne m’est pas toujours évident de rester gentille, courtoise ou polie avec le monde qui m’entoure (Cfr. « Gentille ou pas »), et que le niveau de mon gentillomètre descend facilement en fonction du comportement que l’on adopte avec moi. Mais il ne s’agit hélas pas uniquement de ça. Non, mes chers sujets, le problème est bien plus profond. Nous touchons ici à un sujet bien plus philosophique qu’il n’y paraît. Tâchons d’y penser quelques minutes :« Being good » pourrait être traduit par « être gentil », mais également par « être quelqu’un de bien », ce qui inclut, en tout cas dans notre société occidentale, les principes fondamentaux bien sûr, tels que ne pas tuer, ne pas violer, ne pas voler, … mais aussi, et c’est ici que ça se corse (chef-lieu : Ajaccio), toutes les valeurs plus ou moins connues auxquelles chacun d’entre nous tient particulièrement. Pour ne prendre que quelques exemples : est-il si facile de lutter contre le réchauffement de la planète quand la seule possibilité d’emploi qui s’offre à vous se situe à plus de quarante kilomètres de votre domicile (qui de surcroît se situe dans une commune dans laquelle les autorités ont jugé bon de supprimer les transports en commun sous prétexte que seuls quatre habitants les empruntaient chaque jour) ? Est-il si facile de ne pas éprouver un léger sentiment d’insécurité face à un groupe de jeunes gens quand les autorités elles-mêmes prennent des mesures grotesques pour disperser ces jeunes (diffusion de sons inaudibles au plus de 25 ans ?!?) et de ce fait, nous confortent dans l’idée qu’un groupe de jeune est aussi dangereux qu’un essaim de guêpes tueuses ? Ces deux exemples sont néanmoins particuliers puisqu’il s’agit ici de comportements qui nous sont presque « imposés » par la société que, je vous le rappelle, nous avons choisie.Mais penchons-nous maintenant sur des dilemmes qui nous sont imposés de façon beaucoup moins évidente mais qui ont malgré tout la dent dure. Vous faites un régime draconien, quelle que soit la raison de celui-ci, et vous arrivez à vous y tenir assez bien. Lors d’une petite promenade santé vous passez devant une pâtisserie. Manque de bol vous mourrez de faim et le merveilleux dans le comptoir vous fait de l’œil. Résister ? Ne pas résister ? Ici vous ne risquez de faire du tort qu’à vous-même, les conséquences ne sont pas encore trop graves. Autre cas de figure : Vous êtes marié(e), avez des enfants, le chat et le chien, la voiture familiale et les vacances à la mer du nord qui vont avec, et tout ça vous rend très heureux(se). Sauf que la(le) petit(e) libraire qui vous vend votre journal tous les matins vous fait totalement craquer, et vous savez très bien que vous ne la(le) laissez pas indifférent(e). De jour en jour vous vous apercevez que ce qui n’était jusque là qu’une relation de commerçant à client devient bien plus, les rencontres ne se font plus uniquement à la librairie et les conversations ne se limitent plus au seul prix du journal… Résister ? Ne pas résister ? Ici par contre, si les choses tournent mal, vous n’êtes plus la seule personne qui en subira les conséquences. Passons au cas extrême maintenant : vous êtes totalement et incontestablement contre la peine de mort. Votre enfant est mortellement fauché sur le trottoir par un automobiliste qui roulait beaucoup trop vite et en état d’ivresse. Celui-ci fait un délit de fuite et n’est jamais condamné par la justice. Bien plus tard, vous tombez sur le chauffard dans une ruelle sombre jonchée de pavés et de barres métalliques… Résister ? Ne pas résister ?Entre ce que votre raison vous conseille sagement de faire (ou de ne pas faire) et ce que votre cœur vous implore viscéralement de réaliser, vous êtes perdu. Tantôt ange, tantôt démon, vous succombez une fois à l’un et la fois suivante à l’autre. Parfois vous éprouvez un soupçon de culpabilité (vite passé), parfois vous percevez quelques regrets (vite oubliés), parfois ce sont des remords qui vous tiraillent (jamais effacés) et si vous n’avez pas de chance, parfois la culpabilité est empreinte et de regrets et de remords.Donc non, mes chers sujets, être bon n’est pas toujours facile, pas toujours possible. La faiblesse et l’erreur sont acceptables (même si elles ne sont que très rarement acceptées) le tout est d’y réfléchir, d’en tirer quelques leçons, mais surtout d’apprendre à vivre avec le fait que nous ne sommes pas parfaits. Cela nous rendra-t-il un rien plus tolérant face aux écarts des autres ? Lily
18:25
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22.05.2008
Quatre jours en célibataire !
Enfin ! Mon casse-croûte a décidé de se faire une virée « entre mec » rien qu’avec lui tout seul. Heu… non même pas, il part avec sa môman. Ahh les hommes, z’ont l’air forts et indépendants comme ça mais sont pas vraiment différents de nous en fait, z’ont besoin de maman de temps en temps aussi. C’est juste que nous on en est fières. Alors voilà, vendredi matin, il m’abandonne pendant quatre jours. La solitude, très peu pour moi donc je me suis concoctée un petit programme pas piqué des vers : vendredi après le boulot, rapide retour à la maison pour nourrir le chat et prendre une douche. Ensuite j’enfourche mon bolide et direction… je-sais-pas-où (très bel endroit). Voyage au bout de la terre, je vais m’offrir une séance de conduite automatique. Ne vous y méprenez pas mes chers sujets, mon bolide possède bien un levier de vitesse (même que y’en a cinq, de vitesses). Non, la conduite automatique n’est pas le fait de se mettre au volant d’une voiture dont le régime moteur s’adapte de lui-même à la vitesse à laquelle vous roulez (je laisse ça aux états-uniens et aux frustrés de la route), mais bien le fait de décider de la direction que l’on va prendre en fonction de son humeur du moment. Je démarre, je roule sans destination précise et je vais là ou le vent me pousse (attention, je me suis déjà retrouvée à Logbiermé comme ça…). Avec un peu de chance, le voyage me mènera du côté de chez Chose, que je n’ai plus vu depuis des lustres. Et alors là, aucune idée du temps que ça peu prendre. Tant que je suis rentrée pour lundi matin huit heures (boulot oblige) tout va bien. Dans le cas ou ma réserve de diesel m’obligerait à rentrer assez vite au point de départ, soirée TV chewing-gum (un JCVD ou un Steven Segall feront très bien l’affaire) et dodo en diagonale dans le lit. Samedi debout quand mon estomac ne me laissera plus rien d’autre comme choix que de m’auto-digérer ou de descendre m’empiffrer de Nutella (oui je cite une marque et alors ? D’abord Nutella c’est pas une marque c’est un Dieu…). Trainage en pyjama dans la maison durant quelques heures, bain moussant, trucs de filles (épilations diverses, manu-pédicure, masque au concombre et que sais-je encore – note pour plus tard : surfer sur le net pour savoir ce que les filles se font comme soins seules chez elles quand leur homme est parti…), petite séance rapide de shopping pour me trouver une tenue-cadeau pour mon homme (histoire qu’il n’ai plus jamais envie de quitter la maison). Quant à la soirée : Mali et moi allons nous faire une petite tournée des boites de nuit branchées du moment. Bob l’éponge n’a qu’a bien se tenir, nous allons user les pistes jusqu’à pas d’heure. « Et le dimanche il se reposa »… quelle bonne idée. Dormir toute la journée, écouter ronronner le chat, allumer la télé dans la chambre, voilà ce que j’appelle un dimanche digne de ce nom… Lundi hélàs, retour à la dure réalité de la vie, boulot boulot boulot. Retour maison pour allumer les bougies, disposer les pétales de rose, laisser traîner des petits messages sur le chemin qui le conduira à la chambre, disposer négligemment quelques uns des vêtements portés de la journée, parfumer la chambre au gingembre, faire tourner Norah Jones en boucle, enfiler la tenue achetée la samedi et attendre… Il ne me laissera plus jamais seule quatre jours. Lily
14:01
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13.05.2008
De quoi il s’agit ?
De musique pardi ! Tiens donc, quelle question. Dimanche onze mai c’était la fête des mères. Et alors ? C’était surtout LE concert du siècle. Robert Plant et Alison Krauss et leur magnifique album « Raising sand » (allez voir la liste des liens) Le rendez-vous est pris depuis plus de deux mois : Foret National, 11/05/08, 20h. Mon excitation s’accroît au fur et à mesure que la date se rapproche. J’ai même été jusqu’à télécharger tout l’album pour me le glisser au creux de l’oreille avant l’apothéose. Départ de la maison à dix-huit zéro zéro précises. On ne sait jamais les embouteillages qu’il peut y avoir sur la célèbre E411. Radio guidage allumé, cigarettes dans le vide-poche, GPS en pleine acquisition satellite, sommes fins prêts pour la route. Malgré tout, l’impression que quelque chose manque dans cette voiture. Je sais ! Le cd… ma tendance à vouloir faire de la concurrence plus que déloyale à Duracell m’a fait oublier la musique. Bah, on découvrira les titres sur place… Y’en a quand même une ou deux que je connais, j’espère que je ne passerai pas tout le concert à les attendre, ça voudrait dire que le reste n’est pas à la hauteur. Le radio guidage annonce : « Bruxelles sans voitures ce onze mai, prenez vos dispositions (QUOI ? C’est une blague ?) le centre sera fermé jusque dix-neuf heures ». Ouf ! Nous ne devons pas passer par le centre à ce que je sache. Le GPS pour une fois ne nous perd pas au milieu de nulle part. Arrivée dix-huit quarante-cinq. Super, non seulement nous sommes arrivés, mais nous avons une place de parking à moins de trente minutes de marche de la salle et en plus, on a tout le temps de faire un arrêt pipi-cigarettes avant les festivités. Avec leur nouvelle loi anti-tabac, même plus moyen de s’en fumer une dans la salle (tiens ça me remet dans les narines la délicieuse odeur aromatique qui nous envoûtait lors du concert de Lou Reed quelques années plus tôt). Une fois entrés dans Forest national, nous nous retrouvons face au stand de merchandising. Les T-shirts sont ter-ri-bles ! mais leur prix aussi… au vu de l’anorexie de mon compte en banque je ne peux décemment pas me permettre une dépense pareille. Nous décidons donc de rejoindre nos places. L’hôtesse nous y conduit avec un sourire que je soupçonne d’être plus commerçant que sincère surtout une fois qu’elle nous propose le programme (vingt euros pour un programme ? Bon je vous l’accorde, c’est pas un programme de merde, il s’agit un magnifique livre cartonné avec photos et interviews exclusifs des deux stars et de leurs musiciens). « J’en veux un ! » s’exclame Chouca. Cool, je pourrais le photocopier (chhhhht le dite pas aux éditeurs…). « Lily, va voir si on peut payer avec la carte de banque au stand des t-shirts » me dit Dadoo, « puis si ça marche prends-en un pour chacun de nous tu veux bien ? » Et comment que je veux bien ! C’est le genre de truc qui faut pas me dire deux fois tiens. Et aller hop ! Cent euros de moins pour Chouca. C’est fou comme les terminaux de chez Banksys sont de plus en plus rapides à vous débiter votre argent. Z’avez déjà remarqué ? Il n’y a pas si longtemps que ça, on avait le temps de connaître tout de la vie du commerçant entre le moment ou on avait fait notre code secret et les deux bip de confirmation de transaction. Ben là j’ai même pas eu le temps de demander son nom au petit vendeur. Pfff, toutes ses machines qui guident nos vies…Soit, concentrons-nous sur le principal. Vingt heures tapantes, les lumières s’éteignent, trois hommes entrent en scène (tiens y’a une première partie ? C’est qui ?). Un guitariste/chanteur, un (contre)bassiste et un percussionniste/pianiste. Pas mal du tout, entre reggae, blues, world music, Scott Matthews me laisse sur le cul durant une bonne demi-heure. Mais je suis malgré tout impatiente de voir arriver le sexy Robert sur la scène. Une demi-heure d’attente de plus n’entame pas ma bonne humeur, et c’est quand les lumières s’éteignent de nouveau que mon cœur s’emballe. Au moment où Mr Plant et Miss Krauss entrent en scène face à face en avançant l’un vers l’autre au rythme de la chanson d’ouverture Chouca décolle les tympans de mon homme dans un cri strident frôlant les ultrasons. L’enthousiasme de cette femme m’étonnera toujours, je suis certaine que, sur scène, Robert l’a remarquée. Et c’est parti pour deux bonnes heures de pur plaisir. On vogue entre bluegrass, country, rock (pop par moments), blues, folk et tout ce qu’il y a de bon dans la musique. Tout au long du concert Plant fait preuve d’une humilité impressionnante. Ce monstre du rock n’hésite pas à quitter la scène par moments pour laisser la vedette à Krauss d’une part et T Bone Burnett d’autre part. Chacun y va de son petit solo personnel. Et je vous raconte pas quand le duo entame un des morceau de Led Zepplin… Mais au premier morceau solo de Krauss, une réflexion me turlupine. Cette jeune prodige blonde ne m’est pas inconnue, sa voix m’est familière. Je suis prête à parier ma maison là-dessus, c’est elle qui chante sur le soundtrack de « O Brother, where art thou » des frères Cohen. Je jubile quand elle entame « Down to the river ». Je le savais, c’est elle. Mais très vite ma joie fait place à l’émotion qui me submerge. Pas moyen de retenir mes larmes. La petite blonde me coupe le souffle. Et je ne suis pas certaine qu’elle se rende vraiment compte qu’elle a pour choriste une légende telle que Plant. Le reste du concert est à la hauteur de mes espérances. Chaque morceau est audacieux, d’une justesse incomparable (même quand Burnett casse une corde en plein milieu d’un solo), les deux voix s’accordent parfaitement, bref, nous avons devant nous, sans plus aucun doute possible, deux pro de la (bonne) musique. Onze heure et des poussières, après deux rappels, les lumières se rallument. La magie s’évanouit, me revoilà les pieds sur terre. Lily
21:55
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05.05.2008
Jusque là, tout va bien...
Pourquoi s’attacher ? Dites-moi mes chers sujets, à quoi cela sert-il de s’accrocher. De toute façon on tombe. À un moment ou à un autre, la corde lâche. On quitte, on est quitté, on part, on meurt, on trouve mieux, on change d’air, on oublie… Oublier c’est le pire. Alors mes chers sujets, pourquoi s’attacher ? Les plus optimistes me diront : « Mais Lily, s’attacher c’est vivre, c’est aimer » et je leur répondrai : « il arrive un jour ou l’on meurt et un jour où l’amour a disparu, toujours ». Je sais que vous vous dites que sur le moment, et pendant quelque temps, être attaché à quelqu’un, à quelque chose, c’est bon. Ça chauffe le cœur, ça libère des papillons dans l’estomac, ça donne envie d’avancer, ça provoque des changements physiques… Mais tout ça n’a qu’un temps. Et la chute est longue et douloureuse. Et je ne vous parle pas de l’atterrissage… On s’écrase à douze mille kilomètre-heure, on s’éclate la tête sur le bitume et notre cervelle se répand sur le trottoir. Et les voyeurs arrivent. Ils se délectent à la vue de votre douleur. Chacun veut récupérer une petite goutte rougeâtre de votre histoire. Le pire de tout, mes chers sujets, c’est que bien avant tout ça, vous la voyez la peau de banane qui va vous faire tomber. Vous la voyez et vous marchez dessus quand même parce qu’à vous, rien ne peut vous arriver. Vous êtes solidement attaché. Vous marchez dessus comme pour la défier: « Non, tu ne me feras pas tomber ». Sauf que, comme tout le monde, vous glissez. Et c’est la chute. Mais là, vous avez encore une chance de vous récupérer sans trop de dégât. Le parachute est à votre dos et vous avez eu la formation pour l’ouvrir à temps. Sauf que, encore une fois, vous êtes tellement certains que rien ne peut vous arriver, vous attendez la dernière seconde pour tirer la goupille. Et là, et seulement là mes chers sujets, arrive le seul élément qui est totalement indépendant de votre volonté. Qu’il s’agisse d’une faille dans l’ouverture du parachute, d’une poussière dans l’engrenage, d’un coup de vent contraire, cet élément va déclencher votre perte. Cet élément insignifiant, qui, s’il était isolé, ne ferait même pas sourciller un brin d’herbe, arrive au pire moment, sans prévenir et vous assure une fin brutale. Alors mers chers sujets, les quelques rares instants magnifiques dus à votre attachement valent-ils vraiment une souffrance pareille ? Lily.
23:31
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22.04.2008
Vive le dimanche
Dimanche, c’était après-midi football. Attention, que tous les fervents supporters des rouches, des mauves ou des zèbres se ravisent, il n’est point question ici de vingt-deux freluquets, larges comme des cure-dents anémiques, qui courent après un ballon rond. Que nenni ! Que nenni ! Ce dont il est question ici, mes chers sujets, c’est de sport, de vrai ! Vingt deux costauds gaillards dans chaque équipe (tiens pourquoi onze d’entre eux restent sur le côté du terrain ? « Mais non Lily, ça s’appelle un field »), un ballon ovale, des yards, des casques et soixante minutes de jeu effectif. Rendez-vous à quinze heures le long du field (j’apprends vite), pour retrouver MC et D pour un match contre les Tigers. Arrivés sur place, nous tâchons de retrouver nos amis. Deux équipes s’affrontent déjà, sommes-nous en retard à ce point-là ? D serait-il déjà en pleine action ? Je tâche de le retrouver sur le terrain mais ça bouge tellement que j’ai bien du mal à reconnaître qui que ce soit : « C’est lui là avec le casque ? » « Lily, ils ont tous un casque… »Quelques mètres plus loin, une équipe s’entraîne sur le côté, dans leur dos est dessiné un ours qui ressemble furieusement au Teddy Bear de mon petit neveu de quatre ans… « Ah, là, je le vois ! » Ouf, n’avons rien raté du match, sommes même en avance sur notre retard. « Saaaaaaaluuuuuuuuuuuuuuuuut nounou ! » « Tiens Lily ! z’avez trouvé facilement ? ». Après les retrouvailles, nous tâchons de nous renseigner sur le match à venir. D nous avoue que son équipe (les Bears – ah tiens je comprends l’ourson dans le dos maintenant) est aujourd’hui composée principalement de jeunes recrues et que les anciens (dont lui) n’ont plus joué depuis plus de quatre mois. Défaite assurée, mais un bon moment à passer en perspective. D’autant plus que les Tigers sont deuxième au classement. Bon, j’ai compris, je peux ranger mes pompons, mes drapeaux et ma choré de Coca-Cola Dancer. Et MC dans tout ça ? « Elle est sur le terrain, tu vois le petit machin rayé blanc et noir avec sa casquette et son sifflet ? Ben c’est elle. » Oh ben non d’une pipe en bois, moi qui comptais sur elle pour m’expliquer le match… Merde, ça y’est c’est dit, je suis démasquée : ben non, j’y connais rien moi au football américain. Ben quoi, chuis là non ? C’est le moment où jamais pour apprendre… Ca y’est, D et ses coéquipiers montent sur le field (tiens je croyais que tous les joueurs de football US étaient baraqués comme des semi-remorques, c’est juste les épaulières en fait ?) - Note pour plus tard : acheter des épaulières à mon homme pour voir l’effet que ça (me) fait – C’est parti pour soixante minutes de folie ! Enfin… c’est ce que je croyais. Maintenant, je sais ce que signifie l’adjectif « effectif » après le temps de jeu. Cette chère MC, elle arrête le chrono à chaque faute, à chaque changement, à chaque temps mort. Donc en fait, un match, ça peut durer des heures. Au début, quand le soleil brille entre les cumulonimbus, on est tout emballé d’être là, de tâcher d’en apprendre un peu plus sur ce sport et de tenter de repérer son pote au milieu de tous les casques qui s’entrechoquent. Sauf que quand le soleil fait place aux giboulées, on est tout de suite moins content d’être là. La pluie va sans doute cesser, une fois que mes pieds seront détrempés. Mes orteils sont complètement flétris et la pluie cesse, j’avais raison. Sauf qu’au lieu du soleil, c’est la grêle et la neige qui s’invitent à la fête. Même les joueurs, dans leur bel habit noir (tout moucheté de blanc), sont frigorifiés. Et je vous dis pas la tête de MC au milieu des vingt-deux mâles. Ses doigts sont tellement gelés qu’elle ne peut même plus marquer les essais des joueurs pour arriver aux dix yards. Les rares supporters qui mettaient l’ambiance se sont lâchement réfugiés dans l’estaminet du coin mais nous, mon homme et moi, on est toujours là. Et on fait contre mauvaise fortune bon cœur, il grêle-pleut-neige, il doit faire deux degrés et demi, D et son équipe se prennent la branlée du siècle, on comprend pas un pet au match , mais nous, on se plait bien. Parce que rien qu’à l’idée du méga spaghetti (sauce pas vraiment bonne – désolée MC) qui nous attend après le match, parce que rien qu’au sourire qu’ils ont eu en nous voyant arriver, parce que rien que le fait de partager un moment avec eux, parce c’est MC et que c’est D, nous on a pas froid, on est pas mouillés et on s’en fout que leur équipe se fasse ratatiner.Lily.
22:09
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16.04.2008
Gentille? ou pas?
« Arrêter d’être gentil tout le temps ». J’ai lu ça un jour dans le travail d’un plasticien que j’apprécie beaucoup. Au début, je me suis demandée comment on peut avoir envie de ne plus être gentil. Et puis petit à petit, je crois que j’ai commencé à comprendre : Vous êtes gentil avec la petite dame au guichet de la banque quand vous venez clôturer votre compte : « Mais non madame, je n’ai rien contre votre société, c’est juste que j’ai eu de meilleures conditions ailleurs », et puis au moment où vous tournez les talons, elle vous lance « ça fera sept euros mademoiselle ». « Quoi ?!? Sept euros pour un compte sur lequel il ne se passe plus rien depuis six mois ? C’est une blague ? ». Et là, vous ravalez difficilement l’envie de lui arracher la langue avec ses faux ongles en gel. Vous êtes gentils avec la serveuse de la petite brasserie du coin dans laquelle vous allez manger votre croque monsieur tous les troisième mercredi du mois : « Bon ben je prendrai un croque hawaï alors, et une eau gazeuse puisque vous êtes à court de croque monsieur et de Coca Light… » et à la troisième bouchée, vous ouvrez le sandwich et vous vous apercevez que la colonie entière d’asticots à élu domicile dans votre tranche de fromage. Et là, vous effacez de votre esprit l’image de vous éviscérant le chef cuisinier. Vous êtes gentil avec votre patron et acceptez de lui rendre service au risque de passer pour le flagorneur de service: « ok patron, je passe faire vos courses, puisque je vais faire les miennes… Donnez-moi votre liste ». (Je ne savais même pas qu’il existait plus de douze marques de tofu) Et quand vous pensez qu’il va vous remercier avec le sourire il vous aboie dans l’oreille que c’est pas cette marque là qu’il voulait mais la treizième qui ne se trouve que dans le magasin bio de la ville voisine. Et là, vous réfrénez cette irrésistible envie de retapisser son appart feng shui avec sa cervelle. Vous êtes gentil avec les automobilistes qui croisent votre route tous les matins, vous les laissez passer au carrefour, vous leur signaler le contrôle de vitesse par des appels de phares, vous leur filez votre ticket de parking sur lequel il reste trente-huit minutes payées (septante centimes quand même…) et alors que vous roulez paisiblement sur l’autoroute pour rentrer après le boulot, cette blondasse en VW Golf4 cabrio vous double par la droite à une vitesse supersonique et ne voit aucun mal à se rabattre en vous faisant une queue de poisson. Et là, vous vous prenez à espérer que les murs poussent au milieu des quatre bandes et qu’ils ne choppent que les VW Golf4 cabrio. « Arrêter d’être gentil tout le temps », je crois que je vais m’y mettre aussi moi. Lily
22:25
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15.04.2008
Capitol City, me voilà!
Ramène-moi à l’endroit où les montagnards sont toujours libres. Je suis sur la route et le paysage me rappelle furieusement la plus nordique des villes du sud (et la plus sudiste des villes du nord). Ma C2 me paraît soudain si petite quand je repense à la Cherokee qui m’emmenait au nid des faucons. Là-bas, je suis la copine que tout le monde veut avoir, avec mon petit accent sexy et mes vingt et un ans accomplis. Je repense à cet endroit où les écureuils ne sont pas farouches et ou je peux rouler plus de trois heures sous le soleil sans sortir du pays. Parkwood road me manque. Soudain je me retrouve dans la salle des pas perdus de Chuck Yeager. Je rassemble mes bagages et je me dirige vers la sortie de ce minuscule aéroport. Le soleil m’éblouit et me réchauffe en même temps (décidément, l’air conditionné, je ne m’y ferai jamais). Je gonfle mes poumons de cet air si différent de celui qui m’entoure d’habitude. Les odeurs sont différentes, les bruits sont différents, la douceur de l’air sur ma peau est différente, le paysage est différent. J’allume une cigarette, même son goût est différent. Une grosse Chrystler Concorde noire s’arrête juste devant moi. Quand la jeune fille en descend un sourire radieux sur le visage, je n’ai pas le temps de réaliser qu’elle me gratifie d’un super méga câlin dont ils sont les seuls à avoir le secret. Mon premier hug de la journée ! Ma petite sœur est plus belle que jamais. Ses cheveux ont tellement poussés depuis la dernière fois que je l’ai vue…. Sur la route qui nous emmène au 1979, elle me raconte l’effervescence que mon arrivée provoque dans la famille. Elle parle si vite, elle oublie que je n’ai pas tenu une conversation digne de ce nom depuis des lustres. Je suis obligée de lui demander de ralentir la cadence. Premier fou rire de la journée ! « Tu verras, me dit-elle, tout le monde est très impatient de te revoir. Chacun s’est arrangé pour rester quelques jours en ville pour avoir l’occasion de passer un peu de temps avec toi ». Je n’en reviens pas, s’ils savaient tous combien j’ai attendu ce moment. Certainement bien plus qu’eux, qui étaient ensemble au moins. Je ferme les yeux, je reconnais mentalement chaque tournant de la route, chaque stop, chaque dos d’âne. Cette route je l’ai tellement faite dans mon esprit, allant parfois vérifier sur Google Earth lors d’un trou de mémoire. Quand j’ouvre les yeux, je peux voir la maison au bout de la rue. Mon cœur se serre. Mes yeux se mouillent. J’étais loin d’imaginer que tout ça me manquait à ce point. Em se gare, je sors de la voiture, elle parle toujours. Je la coupe : « j’ai ma clé, je peux ouvrir ? Je peux ouvrir ? S’te plaiiiiiiiiiiiiit ? ». Deuxième fou rire de la journée. La moustiquaire grince toujours de la même façon. J’entre, je crie à la cantonade : « Salut ! y’a quelqu’un ? ». « Dans la cuisine ! » me répond Mom. Je lâche mon sac, je cours dans la cuisine, et je m’empresse de serrer Mom dans mes bras. Deuxième hug de la journée. « Doucement, je ne peux plus respirer » me dit-elle dans un grand éclat de rire. Je m’assieds sur le tabouret de la cuisine, je regarde autour de moi, rien n’a changé. La nappe arbore toujours ses fleurs passées, les coussins sur les chaises et les tabourets sont toujours verts et satinés, la machine à laver tourne, l’ordinateur est allumé et Watson ronronne dans le divan. Dans le grand salon, il y a toujours ce portrait que j’adore. Quand j’ai appris à connaître Em il y à des années de ça, je pensais qu’il s’agissait d’elle. Dadoo m’a expliqué qu’il s’agissait de Mom à l’époque où elle était dans sa classe. Pour moi, ce portrait reflète toute l’histoire de nos familles. « Ce soir on mange au mexicain en face du centre commercial, on y retrouvera Dad, Heather et Lauren. Dan et Billy nous retrouvent ici pour l’apéro ». Em termine à peine sa phrase que la porte s’ouvre. La voix de Billy résonne dans la maison : « Lily ? Chérie tu es là ? Où es-tu ? Viens ici que je t’embrasse ! » et son rire tonitruant explose mes tympans. Derrière, Dan me regarde en souriant. Troisième et quatrième hug de la journée… Je suis chez moi, la vie est belle. Lily
20:35
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14.04.2008
C'est pas de moi, mais j'aurais aimé y penser...
L'agenda de mon week-end stipulait : vendredi soir : éradiquer le cancer et le sida - samedi matin : supprimer, en vrac, le reste des maladies en veillant à ne pas oublier la connerie - samedi après-midi : trouver un remède à la famine et à la pauvreté (NB : faire un break et en profiter pour régler un bonne fois pour toute cette cochonceté de météo) - dimanche matin : mettre fin à toutes les guerres et à toutes les raisons de faire la guerre (au passage confisquer les armes et les munitions de ces sales gosses) - dimanche après-midi : passer dire bonjour à tous les dieux et en profiter pour leur demander de nous lâcher la grappe pendant une éternité ou deux, histoire de nous faire des vacances. Désolé! Dès vendredi soir j'ai eu un ongle incarné à mon gros orteil gauche. Ca m'a bouffé toute mon énergie du week-end. Comme quoi on est bien peu de chose et y faut un rien pour nous bloquer dans nos élans les plus généreux. Bon, ben ... ce s'ra pas encore pour cette fois; mais, après tout, si on en juge par ces trois derniers millénaires, y'a pas urgence. Dadoo
14:01
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09.04.2008
Si La bouteille était énorme...
Si j’avais dix-sept ans, je m’offrirais cette magnifique veste en cuir qui fait fureur chez les peoples (« aucun souci, j’ai la carte bleue de maman») - Si j’avais trente ans, je déploierais des trésors d’ingéniosité pour alléger mes factures (plutôt que de m’acheter ce tout nouveau modèle de téléphone portable à la mode) - Si j’étais célibataire, je pourrais draguer ce beau brun que je croise tous les matins - Si j’avais un(e) amoureux(se), je cuisinerais pour quelqu’un (plutôt que de réchauffer des plats préparés au micro-ondes) - Si ma maison était passive, ma conscience serait plus tranquille (le mazout, ça pollue plus ou moins que l’électricité ?) - Si je louais un appart, je tournerais les vannes des radiateurs sur quatre (« Quatre cent cinquante Euros charges comprises ? Je signe Madame Dupont ») - Si je roulais en VW Coccinelle, je remplirais mon réservoir quatre fois sur le mois - Si j’avais un abonnement de train, je serais beaucoup plus souvent chez moi - Si j’avais un chien, j’irais jouer au frisbee avec lui le dimanche après-midi dans le petit parc du coin (plutôt que de végéter devant la télévision) - Si j’avais un frisbee, j’achèterais un chien - Si je n’aimais pas les chips, je pourrais rentrer dans une taille trente-huit - Si je rentrais dans une taille trente-huit, mon papa me dirait sans cesse : « tu es trop maigre Lily, tu dois manger un peu » - Si je pouvais voler, j’irais rendre visite à mère- grand bien plus souvent - Si j’allais la voir plus souvent, m’aimerait-elle plus ? (et je sais qu’elle m’adore…) - Si j’avais été courageuse, j’aurais étudié la psychologie, l’anthropologie, la chimie, le cinéma, l’horticulture, le théâtre, l’ébénisterie et l’océanographie - Si j’étais si paresseuse, je ne tiendrais pas deux jours dans mon boulot - Si je ne fumais pas, je pourrais faire un cent mètre en vingt-cinq secondes chrono (wouaw !) - Si je ne fumais pas, que la vie me semblerait longue - Si j’avais du talent, j’écrirais un meilleur texte (c’est certain) - Si, si, si… Je n’ai pas la moindre envie de mettre Paris en bouteille. Lily
21:41
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21.03.2008
Tou... ou rien.
« Eh Lily, on fait une collecte pour le départ de Tou, tu participes ? ». J’étais à peine revenue d’une semaine d’arrêt maladie (merci Jojo) qu’on vient m’agresser avec ça. C’est pas que je voulais pas payer. C’est pas que j’aime pas Tou. C’est juste que je refuse d’accepter qu’il nous quitte (ne pas pleurer). Quand je suis arrivée dans la boîte, il m’impressionnait, avec sa grosse voix et sa carrure de camionneur. Puis comme tous les camionneurs, il s’est révélé être un vrai Teddy Bear. M’a aidé. M’a fait rire. M’a remonté le moral. M’a conseillé. M’a intronisée. Bref : m’a presque élevée (professionnellement parlant bien sûr). Alors quand l’autre est venu me demander « Eh Lily, on fait une collecte pour le départ de Tou, tu participes ? », ma réponse a été facile : « Non seulement je participe, mais si tu pouvais m’achever tout de suite, ça m’arrangerait ». ( Is there someone to kill me ?) (ne pas pleurer). Déjà, je commence à penser à ce que je vais bien pouvoir noter sur la carte (ne pas pleurer). Pas moyen de trouver : trop larmoyant, trop guindé, trop impersonnel, trop grossier… Arrive la carte en question. Nous échappons fort heureusement au classique « bonne retraite ». Tiens, il n’y a qu’une seule signature jusqu’à présent… Bon, comme d’habitude, l’inspiration vient au fur et à mesure que l’encre noircit le papier (ne pas pleurer). Heu, doucement quand même, je ne suis pas la seule personne qui doit écrire. Dieu que cette carte est petite ! Chaque jour qui passe me rapproche du moment où je devrai embrasser Tou pour la dernière fois (ne pas pleurer). Et voilà qu’en plus il va offrir son verre vendredi après-midi, lors de la sortie à laquelle je ne participe pas. Merde. Je suis obligée de déployer des trésors d’ingéniosité (et de filler quelques coups de main) pour être mise au courant d’une info top secret. Après la sortie, les participants se retrouvent dans le pub du coin, pour un dernier verre en compagnie de Tou. Ouf, j’aurai moi aussi l’occasion de le serrer fort dans mes bras (ne pas pleurer). La tête qu’il fait quand il me voit arriver… « Ah, t’as réussi à te renseigner toi! Aller, viens t’asseoir près de moi maintenant que t’es là ». Deux coca et quelques anecdotes plus tard, les gens se lèvent et, à grand renfort d’excuses toutes plus nulles les unes que les autres, quittent les lieux pour retrouver leur gentil foyer. « Déjà ? ‘tain les gars c’est vendredi quoi… », « Ouais mais moi aussi je vais aller Lily » qu’il ose me dire le Tou. On se lève, on paye, on sort, … Bon ben ça y’est hein, plus le choix, faut bien dire au revoir maintenant (ne pas pleurer). Tou me regarde en souriant (le genre de sourire qui dit : j’t’aime bien tu sais), je rentre la tête dans mon col roulé, il rigole et me prend dans ses bras. « T’appelles quand tu veux » qu’il me dit. Je garde la tête dans mon col roulé, pas moyen de répondre, pas moyen de le regarder, ma gorge est dans un étau et mes joues sont mouillées (pleurer, enfin).
22:47
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20.03.2008
Deuxième personne singulier(e)
T’attendre, même cinq minutes, même quinze jours - Te chercher du regard, chercher ton regard, te rejoindre chaque nuit - Malgré tout, me coucher seule - Chaque matin, me perdre dans le froid de mon lit (penser à toi, rêver de toi, envie de toi) - T’aimer dans le noir - Te chercher du regard, avoir un sourire - Echanger des banalités, il fait beau aujourd’hui - Rire ensemble, rire, juste rire - Te caresser, t’embrasser, te sentir en moi, perdre la tête, avoir chaud - Aimer mes cheveux, mon parfum, me le dire du coin de l’œil - Se disputer, être entêté, se faire la tête, crier fort, pleurer parfois, se faire mal - Etre en retard, s’excuser, toujours - Toi peut-être, moi c’est certain - Aimer.
21:19
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18.03.2008
Je ne suis pas folle
J’étais sur le point de commencer un texte qui se serait appelé « Ma vie devrait être une bobine de ruban décoratif », la bobine aurait eu la particularité de m’offrir le loisir de couper les morceaux de ruban (vie) que j’aimerais voir disparaître de mon curriculum. J’allume mon ordinateur, je lance mon navigateur Internet, je me connecte sur Lily et je me rends vite compte, rien qu’à la lecture du titre de mon dernier texte et du souvenir de son contenu, que je vais encore me plaindre… Alors je m’arrête une seconde, je réfléchis (ça m’arrive) et je me dis : « Non Lily, tes rares lecteurs vont finir par se lasser de tes plaintes et petits soucis personnels récurrents ». C’est vrai, après tout, Internet n’est pas (que) un bureau des réclamations. D’autant plus que les bureaux des réclamations sont censés trouver une réponse et sans doute même une contrepartie à ladite réclamation, ce qu’Internet ne peut, hélas, pas m’offrir (quoique la catharsis en elle-même vaut toutes les contreparties du monde). Alors je m’attelle à vous écrire quelque chose de plus divertissant. Et ce n’est pas chose aisée (ne serais-je donc pas si bonne écriveuse que ça ? Pardonnez la faute de français mais j’estime ne certainement pas être écrivain, je ne fais que coucher sur papier les divagations de mon esprit plus que commun). Je m’y attelle donc. Il n’est pas question pour autant que je me perde dans une ode à la vie (on le sait, elle est belle). Je ne me sens pas capable non plus de me lancer dans une profonde introspection philosophique. « Mais alors sur quel sujet vas-tu écrire Lily ? » allez-vous me demander. Ma réponse est simple : rien en particulier. Je laisse aller mes doigts sur le clavier, je vérifie l’orthographe d’un mot ou l’autre, je fais quelques recherches sémantiques… Et ça me plait. J’aime le son que produit le clavier à chaque touche qui s’enfonce, j’aime voir se matérialiser mes idées sur l’écran, j’aime l’image que l’homme qui partage ma vie doit avoir de moi assise en tailleur sur le canapé avec le portable sur les genoux, j’aime devoir relire plusieurs fois ma dernière phrase parce que les dialogues de la série B qui passe à la télévision face à moi m’a fait perdre le fil de mes idées. Dernièrement, je lisais dans un hebdomadaire féminin un article sur la nouvelle mode que semble être ce qu’ils appelaient le « récit de vie ». Cette espèce de journal intime que de plus en plus de personnes écrivent dans l’anonymat (ou pas d’ailleurs) pour eux-mêmes au départ et grâce au développement des blogs et autres sites de pages Internet personnelles, pour autrui ensuite. La journaliste tentait de trouver une explication à cet engouement partagé par un nombre croissant de quidams. À grand renfort d’interviews de psy-chologues-chanalistes-chotérapeutes-et-même-chiatres, de témoignages d’écriveurs, et d’avis de professionnels du livre, cette chère madame en est arrivée à la conclusion que raconter sa vie, parler de soi et coucher le tout sur papier (ou dresser le tout sur un écran) est non seulement libérateur et cathartique (ça on le savait déjà) mais en plus très intéressant pour les générations à venir (celles-ci se délecteront-elles réellement des quelques pages que mon égocentrisme me pousse à noircir ?). Oh stupeur ! A la lecture de cet article je me retrouve de nouveau face à cette horrible vérité : je ne suis pas unique ! Je suis comme des millions de personnes. Rhaaaaaaa, je me meurs... Non aller, blague dans le coin, je sais pertinemment que je ne sors pas du lot, que je suis faite avec le même moule qu’une ribambelle d’autres êtres humains, mais comme je l’ai dit plus haut, j’aime écrire. Ça me fait du bien dedans ma tête. Et comme je l’ai dit plus bas, j’estime avoir quelques facilités à utiliser les mots. J’aurais pu peindre, jouer de la musique, faire de la photo, faire de la politique, être tueur en série ou passer mes soirées à ne rien faire et devenir maniaco-dépressive à trente ans. Mais non, j’écris (et parfois je parle aussi). Alors merci à vous mes chers sujets, merci pour les quelques minutes que vous prenez de temps à autre pour me lire, merci de me laisser vos réactions sous les textes qui vous touchent le plus. Je vous dois ma santé mentale, grâce à vous je ne suis pas folle. Lily.
22:29
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16.03.2008
Le monde est trop vaste.
Aimer les gens, c’est probablement ce qu’il y a de plus difficile à faire. Ca n’a rien à voir avec la peur que peu procurer un saut en parachute à trois mille mètres d’altitude, ni avec la complexité de jouer au piano une sonate de Beethoven, ni même avec la prouesse physique qu’est l’ascension d’un sommet alpin par sa face nord. Non, c’est bien plus compliqué, plus ardu que tout ça. Mais ce qu’il y a de plus difficile, le pire de tout, c’est quand les personnes que vous aimez sont loin, qu’elles soient en vacances, à l’étranger pour le boulot, qu’elles vivent aux antipodes, ou que vous ne les côtoyez plus à cause d’un désaccord. Ne pas voir les personnes que j’aime, ça me démoralise (comme tout le monde sans doute). Heureusement, il y a le téléphone et Internet, me direz-vous mes chers rares sujets. Il est vrai, et il existe aussi une pléiade de moyens de transport qui pourraient me conduire jusqu'à eux. Mais réfléchissez un tant soit peu chers tousses, connaissez-vous le coût moyen d’une communication téléphonique vers l’autre bout de la terre ? Et avez-vous eu dernièrement l’occasion de comparez les prix des billets d’avion (ou de train) à destination de n’importe quel autre continent ? Et puis, connaissez-vous cette sensation désagréable de picotements dans l’estomac alors que vous pianoter le numéro de téléphone d’un ami avec lequel vous étiez brouillé depuis plusieurs années ? Non, décidément, je n’aime pas être loin des personnes que j’aime. C’est pour cette raison, mes chers sujets, que, en tant que Reine incontestée de ce cyber-espace, j’ai pris une grande décision. En effet, je vais créer un pays, une contrée, dont les habitants seront toutes ces personnes que j’aime et qui me sont chères. Je lui donnerai un nom, je ne sais pas encore lequel mais il sera évocateur. Il sera régi par des lois (certainement), des règles, ses citoyens auront des droits et des devoirs (pas tant que ça) et j’y développerai l’art et la culture (pourquoi pas). Dans ce pays vivront mes amis, ma famille, mon casse-croûte, mon poisson rouge, moi-même (ben tiens) et toute personne que j’aurais envie d’y voir. De cette façon, je suis certaine d’avoir à mes côtés, tous les jours de l’année, les gens que j’aime. Finis les mails interminables dans lesquels on oublie toujours de dire l’essentiel, finis les coups de téléphone terminés bien trop tôt pour éviter la facture colossale, finis les mois entiers de vache maigre pour avoir l’occasion de s’offrir un billet d’avion pour quatre jours chez les amis, finies les crises de larmes (ben quoi, j’ai pas le droit d’être hystérique ?) quand les gens que j’aime me manquent. Désormais, ils seront tous, tout le temps, à mes côtés. Et que celui qui est jaloux me fasse une meilleure offre. Quelqu’un aurait-il inventé la télétransportation sans que je sois mise au courant ? Hélas je ne pense pas que ça soit le cas. Alors voilà, la création de ce petit paradis est la seule réponse que j’ai pu trouver à mon désarroi. Je sais pertinemment bien que cette solution n’est qu’utopie hélas, je sais aussi que je suis condamnée à me contenter de mails et de conversations téléphoniques, mais laissez-moi au moins rêver que tout cela est possible. Qu’un jour je pourrai réunir autour de moi toutes ses personnes si chères à mon cœur. Et j’espère mes chers sujets, si vous n’avez point déserté le navire d’ici là, que je vous retrouverai citoyens de mon pays imaginaire. Lily.
20:20
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10.03.2008
J’ai un nouvel ami.
A l’hôpital, ils vous donnent une fiche de recommandations. Faites pas ci, dormez comme ça, c’est limite s’ils vous demandent pas de le lustrer. Vendredi, 15h45 : la journée se termine tout doucement, la semaine aussi. Le week-end s’annonce chargé. Samedi, enlèvement de quelques meubles et babioles, dîner chez la mère-grand et après-midi shopping avec celle-ci. Dimanche, direction la mer du nord pour une journée dépaysement. Sauf que oui mais voilà, vendredi fin de journée, un événement fortuit vient s’inviter à la fête. « Tu viens jouer avec nous Lily ? Quelques passes avant la fin de la journée ? ». Et me voilà sur le terrain de basket. Ceux qui me connaissent savent que je suis loin d’être sportive, et ceux qui ne me connaissent pas n’ont besoin que de quelques regards pour s’en apercevoir. Une passe, quatre ou cinq dribles, un panier (marqué par l’équipe adverse) et voilà que le ballon s’approche dangereusement de moi. Je prends un peu d’élan, je saute de quelques centimètres, je touche la balle et… je me retourne le pouce. Direction les urgences. Oui, les urgences. Non pas que je sois particulièrement douillette mes chers sujets, mais sachez que le pouce qui se plie dans le mauvais sens et qui va vous chatouiller le poignet, c’est pas vraiment naturel et ça fait vraiment très mal. Arrivée aux urgences, le monsieur me demande comment j’ai fait mon compte. Au vu du léger sourire qu’il tente de réfréner, je comprends que l’image qu’il se fait de l’accident doit lui sembler particulièrement ridicule. Après dix-huit radio de la main (de face, de profil, de dos, de derrière et j’en passe), douze minutes d’attente dans la salle du même nom, un médecin sans cheveux ni sourcils et deux ou trois traits d’humour, je m’en retourne avec la main plâtrée jusqu’à la moitié de l’avant-bras. Mon tout premier plâtre. Alors à l’hôpital, ils vous donnent une fiche de recommandations. Faites pas ci, dormez comme ça… ben moi je lui ai même donné un nom à mon plâtre. S’appelle Jojo. Et Jojo je lui parle. Je dois vous paraître un tantinet saugrenue mes chers sujets, mais que voulez-vous que je fasse d’autre ? Il va me tenir compagnie dix jours, il me suit partout, m’accompagne dans la voiture, aux toilettes, sous la douche (avec un sac plastique), dort avec moi, caresse mon chat, c’est mon nouvel ami. Vous ne leur parlez pas vous à vos amis ? Ben voilà. Et dans dix jours, quand ils vont me l’enlever, je vais faire quoi moi ? Je m’y serai habituée moi à Jojo. Il va me manquer. Je ne nie pas qu’une main en moins (du moins son usage) est quelque peu handicapant, mais ça a néanmoins certains avantages. Qui me servira de prétexte pour rester une semaine à la maison ? Qui suscitera l’intérêt auprès de mes amis ? Qui me permettra d’être chouchoutée par l’homme que j’aime ? Ou vais-je écrire ma liste de course ? Quoi qu’il en soit, j’ai retenu la leçon : plus de ballons, plus de terrains, plus d’équipe ni de joueurs, plus de basket, plus de plâtres. Mais bon, je ne m’en fais pas trop, il me reste dix jours pour trouver un autre moyen d’être le centre d’intérêt. Je trouverai, faites-moi confiance. Lily.
18:08
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06.03.2008
Et voilà ce que ça donne en Belgique... Lily PS: Merci à Chouca pour le lien
14:58
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03.03.2008
Vive la poésie... J'adore. Lily PS: si vous avez la vidéo de Bruxelles, je suis preneuse...
19:08
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02.03.2008
Typiquement féminin.
La grippe. Deux jours au lit, sans en sortir, sauf pour faire pipi. Marre d’être alitée. Marre d’être mal dans ma peau. Marre des programmes télé complètement dénués de toute civilisation. Marre des poignées d’amour (les miennes ?). Marre de la poussière. Marre des trous dans les murs. Marre des yeux bleus. Marre de mon compte en banque anorexique. Marre de Vivian Ward. Envie de ciel bleu, de sable et de palmier. Envie de faire du sport. Envie de femme de ménage. Envie de luxe. Envie d’un enfant. Envie de gros lots au tirage. Envie de meubles laqués. Envie de pleine forme(s). Envie d’yeux bruns. Jamais satisfaite. Lily.
18:49
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28.02.2008
Trois jours dans les Fagnes
Sont de la partie : Magnum, La Fouine, Papy, MonChichi, Ghislaine (la concierge) et votre bien aimée Lily. Et 12 gamins (12 ? oui, 12). « On se retrouve sur place lundi matin Lily » qu’ils m’ont dit. « T’as un GPS de toute façon » qu’ils m’ont dit. Oui, j’ai un de ces petits copilotes électronique très en vogue en ce moment. Un beau. Un cher. Un que c’est pas moi qui l’ai payé (merci Dadoo et Chouca). Sauf que le « sur place » en question, mon copilote, il connaît pas. Cet endroit n’existe pas. Sur la carte (la vraie, celle en papier), rien non plus… « C’est quoi le nom de la rue ? ». « Ben y’a pas de nom à la rue Lily, le village EST la rue… ». Ah, ben tout s’explique… ça commence bien. Je n’ai pas signé pour 3 jours de total reniement de la civilisation moi. Pas même une borne Wi-Fi à 15Km à la ronde… Mais qu’est-ce que je vais faire là moi ? Après maints détours, un arrêt pipi-coca, une bonne trentaine de cigarettes, me voilà enfin au gîte. Je dois avoir une bonne heure d’avance, je vais aller faire une petite soquette avant l’arrivée de la foule, le séjour s’annonce fatigant (vous ais-je précisé le nombre de gamins qui allait partager mes vacances ?). J’ai à peine ouvert la portière que cinq des gamins me sautent au cou. « Lily ! t’es déjà là ! youpiiiiiiiiiiiiiie ». Ouais, youpiiiiie… (ma sieste devra attendre). « Eh ! mais c’est plein de boue. Elle est où la télé ? C’est le bout du monde ici ! ». Les commentaires fusent, les moues grimacent et ma patience commence déjà à m’abandonner. Bon alller, tout le monde à table, j’ai apporté des baguettes et de la charcuterie ! « Cet après-midi, promenade en VTT pour tout le monde » lance Magnum, je crois que ma respiration s’est arrêtée pendant une poignée de secondes... « Moi j’ai mal au genou, le docteur a dit que je peux pas faire d’efforts » me dit J (je respire enfin, J, tu es ma bouée de secours). « Oh ben flûte alors, c’est con, je vais pas pouvoir faire de vélo avec vous les gars, faut pas laisser J tout seul… (niak niak niak), en plus faudrait penser à aller faire des courses, je ne suis pas certaine que tous les gamins aiment les racines farcies à la limace… ». Me voilà donc dispensée de VTT. Non mais, moi faire du vélo dans les fagnes… déjà à la mer, là ou c’est plat, je refuse de pédaler, alors vous pensez bien mes chers sujets, si ça monte et ça descend… Laissez-moi vous dire qu’au vu des visages décomposés des gamins au retour de la promenade, je ne regrette pas du tout les deux heures d’aller et venue dans les rayons de la grande surface du coin (oui, j’ai quand même trouvé une grande surface dans le coin). « Alors MonChichi, cette promenade ? » « Je vais l’tuer La Fouine, je vais le tuer… » arrive t’il à me répondre avant de s’étaler au sol… Après la douche, spaghettis bolo pour tous. Même pour les murs (hum, pardon Ghislaine). 21h15, au beau milieu d’une partie géante de Pictionnary, les gamins nous supplient de les laisser aller dormir. Je n’ai jamais vu ça… À leur âge, j’aurais préféré manger des racines farcies aux limaces plutôt que d’aller dormir à cette heure-là. Enfin, moi ça m’arrange. Un peu de calme. Des conversations d’adultes. Des gros mots. Des cigarettes. Et puis ça me donne l’occasion d’apprendre à connaître un peu mieux Magnum et La Fouine. Mardi matin, réveil difficile après une nuit trop courte et trop arrosée. Suis la dernière à me lever comme toujours (je vous ai déjà dit qu’on me surnomme la marmotte ?). Le café est prêt, le chocolat chaud aussi (merci Papy), La Fouine et MonChichi sont partis chercher le pain. Sept gosses sur douze sont bien réveillés et déjà en pleine forme (une nuit suffit-elle vraiment à recharger les batteries des ados ?). J’engloutis ma première tasse de café et j’attrape les gamins pour qu’ils m’aident à dresser la table. Pendant le petit déj’, je vois les lèvres de La Fouine bouger et au vu du regard interrogateur qu’il me lance, je crois deviner qu’il m’a posé une question. Pas de chance pour lui, je n’en suis qu’à ma deuxième tasse de café, il faudra qu’il attende encore quelques heures avant d’avoir une réponse intelligible… Dehors il pleut comme vache qui pisse. Je crois comprendre que la journée va se passer dans les bois. Je ne suis pas enchantée, mais je doute qu’un autre gamin me fournisse un aussi bon alibi que celui de la veille. Rien à faire, il va falloir que j’enfile bottes et imper et que je fasse contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, ça fait des lustres que je ne me suis plus promenée en forêt, ça me rappellera de bons moments (re-merci Dadoo et Chouca). Ce que j’ignorais, c’est que Papy et Magnum sont des grands passionnés de la nature et qu’ils sont sacrément calés sur le sujet. Je crois être revenue près de quinze ans en arrière quand Magnum ramasse une plume de Geai et demande aux gamins s’ils savent de quel oiseau il s’agit… Cette balade dans la nature me fait un bien fou. Je prends même plaisir à écouter Magnum me parler des différentes espèces de mésanges. « Lily, qu’est-ce qu’on mange à midi ? » me demande P. Me voilà revenue à la réalité, faut s’occuper du dîner. De retour au gîte, j’ai l’agréable surprise de voir que MonChiChi, Magnum, Papy et La Fouine ne sont pas les machos qu’ils paraissent être. Les voilà dans la cuisine à chercher les assiettes, les couverts, les baguettes, la charcuterie… Je n’ai pas le temps d’enlever mes bottes que la table est mise, et que tout ce petit monde dévore son sandwich. Idem pour la vaisselle, pas moyen de m’approcher de la cuisine (mais si j’ai essayé, je vous jure). Je comptais enfin me rendre à mon rendez-vous avec ma sieste quand Monchichi et Papy proposent un jeu de piste. « On fait trois équipes, celle qui gagne est dispensée de corvée vaisselle de ce soir ». Les gamins semblent enthousiastes, ma sieste tombe de nouveau à l’eau. « Je peux me joindre à vous ? » demande Ghislaine. « C’est que je m’ennuie moi toute seule ici quand vous êtes partis ». J’ai presque pitié d’elle… Moi qui croyais qu’elle était bénévole. Nous voilà donc embarqués pour le jeu de piste. Dans les bois. Encore. Et il pleut toujours. Mon équipe est la dernière à partir. Papy et MonChichi se sont surpassés dans le repérage des lieux, la balade est terrible. Après six cents mètres, mes bottines pèsent douze kilos chacune (la boue ça colle), mais ça en vaut la peine : non seulement la région est belle, mais en plus, mon équipe connaît les réponses aux questions. Quelque chose me dit que ce n’est pas encore moi qui ferai la vaisselle ce soir. Après deux bonnes heures de marche, nous voilà de retour au gîte. La Fouine examine les réponses aux questions. Deux équipes sont ex-aequo. Il faut une question subsidiaire pour les départager. Quelqu’un lance à la cantonade : « celui qui trouve le poids de Lily fait gagner son équipe ! ». Mais quelle drôle d’idée. Qui peut être intéressé par une information aussi dénuée d’intérêt ? Je vais être obligée de me peser maintenant… Pfff. Le pire de tout c’est que ce n’est même pas mon équipe qui gagne. En plus de ça, je vais devoir me farcir la vaisselle. Après le souper, les gamins sont beaucoup moins fatigués qu’hier. Il nous faut user un peu d’autorité pour que les gamins nous laissent entre adultes. Vers 23h, ils sont tous dans leur lit et le calme qui règne nous suggère qu’ils dorment tous. La soirée peut commencer pour nous. À grand renfort de Bordeau et de Coca Light pour moi, nous passons une très bonne soirée à nous moquer gentiment de Ghislaine sans qu’elle ne se rende compte de quoi que ce soit. Il y avait longtemps que je n’avais plus ri comme ça. Mercredi matin, après une nuit un peu meilleure, je n’ai besoin que d’une seule tasse de café pour comprendre que La Fouine me demande si j’ai bien dormi (y’a du progrès). Hélàs, les vacances touchent à leur fin. Il faut libérer le gîte pour midi et il nous faut encore faire nos valises, ranger et nettoyer les chambres et payer cette brave Ghislaine. Il nous reste à peine le temps de dîner et d’aller faire une partie de rugby avant d’évacuer les lieux. Quand l’heure de reprendre la route est venue, c’est avec un brin de regret que j’ai quitté les lieux, Papy, MonChichi, La Fouine, Magnum et même la gentille Ghislaine, ainsi que les douze gamins. Moi qui suis une fille de la ville mes chers sujets, je n’aurais pas craché sur deux jours de plus dans cet endroit oublié de toute technologie. Malgré l’envie pressante de vous retrouver, je commençais à apprécier la compagnie de la nature. Vers 15h, j’étais de retour au bercail. Personne à la maison, pas de promenade en forêt prévue, juste l’appel du divan. Je me suis étendue, ai tiré la couverture en polar sur mes jambes et j’ai enfin pu sombrer dans le sommeil si précieux de la sieste que j’attendais depuis lundi matin. Lily.
22:26
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23.02.2008
On est tous passé par là... Lily
Pour les paroles, voir la liste des liens (Soko - I'll kill her). Pour la traduction, demandez-moi. Lily
14:41
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19.02.2008
Les hommes viennent de la Terre, les femmes de la Terre… aussi.
« Hier soir chuis allée voir une pièce de théâtre, c’était trop génial. Ça s’appelle « Les Hommes viennent de Mars, les Femmes viennent de Vénus » Je la conseille à tout le monde » qu’elle m’a dit ma collègue. J’ai passé ma journée à l’écouter parler de la pièce, sans rien dire, en acquiescant gentiment, mais je ne peux m’empêcher de réfléchir au sujet.N’en déplaise à John Gray (Ndlr : l’auteur du bouquin), je reste convaincue que les hommes, comme les femmes, viennent de la planète Terre. Si les hommes venaient de Mars, ça se saurait, ils seraient verts des pieds à la tête et auraient des petites oreilles à la Shrek. Et puis nous… de Vénus… c’est une blague ? J’ai la tête de la muse de Botticelli ? Franchement, regardez-moi bien… « Tu sais les femmes ont des jardins que les hommes doivent cultiver. Les hommes, eux, sont des dauphins, il faut leur donner du poisson ». Alors là j’ai besoin du décodeur : je n’ai aucun jardin, j’ai pas la main verte (ma pauvre rose de Noël, paix à son âme, n’a pas tenu jusqu’à Noël). Quant à l’homme qui partage ma vie, j’ai beau regarder sous toutes les coutures, je ne vois ni évent, ni nageoire dorsale, rien qui me fasse penser à un dauphin (et en plus il n’aime pas le poisson).Ne vous détrompez pas mes chers sujets, je sais qu’il s’agit ici de métaphores, voire d’allégories. Je veux bien admettre que les hommes et les femmes ont des conceptions différentes de la vie à deux. Je veux même bien comprendre que parfois ils ont beaucoup de mal à communiquer. Ce que je reproche à Mr Gray, c’est de persuader ses lecteurs que tous les hommes sont pareils et que toutes les femmes sont identiques. Ne vous laissez pas berner mes chers sujets, j’ai la prétention de croire que vous êtes plus malins que ça. Chacun est unique, nous sommes tous différents. Imaginez, nous sommes 6 651 521 982…3…4…5 … sur Terre (voir la liste des liens - Le monde en temps réel), tous différents. Même si vous avez frôlé des méninges la théorie de la relativité lors d’un billet précédent, je doute que vous trouviez le nombre exact de combinaisons amoureuses que cela puisse donner. D’autant plus que certain(e)s petit(e)s coquin(e)s prennent un malin plaisir à compliquer les calculs en s’intéressant aux deux sexes, et parfois en même temps. Quoi qu’il en soit, mes chers sujets, les chances que chaque couple se retrouve corps et âme dans les lignes de ce cher Johnny (Gray hein, pas Halliday), sont plutôt minces, voire anorexiques. C’est pourquoi je trouve saugrenu de proposer des solutions communes à tous alors que les couples et les difficultés qu’ils rencontrent sont d’ordre beaucoup plus spécifique. « J’ai passé une trop bonne soirée, qu’est-ce que j’ai ri » qu’elle m’a répété sans cesse ma collègue. Là, par contre, je dis oui. Oui, oui et encore oui. Le rire est salvateur mes chers Tousses. Il est bon pour la santé, développe la capacité pulmonaire, fait travailler les zygomatiques, durci les abdos, et des tas d’autres choses très bonnes non seulement pour la santé physique, mais en plus pour la santé mentale. Donc, si l’intention première de l’auteur est de divertir et d’amuser ses lecteurs, je lui donne ma bénédiction (dont il se passe allègrement mais bon…). Et si votre objectif à vous, mes chers sujets, est de passer un agréable moment, foncez ! Ne vous privez pas. Je me suis laissé dire que John Gray était assez doué pour faire rire les foules. Mais si le rire est si bon pour le moral (celui des couples y compris) n’est-ce pas cela, le secret de son succès ? Lily.
21:23
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17.02.2008
Mon voyage
Tout ça ne fait que commencer. Je ne veux pas que ça s’arrête. Je suis sans doute inconsciente, névrosée ou encore complètement insensée, je suis passionnée. Je me plais dans ces rôles et n’ai pas hâte que le rideau se baisse. C’est mon spectacle, c’est ma vie et je suis seul maître à bord. Mon bateau prend la mer et personne ne sait si le compas me guide dans la bonne direction. Personne ? Moi je sais, je vais vers là ou mon cœur se trouve. Je vais enfin savoir qui je suis. Gardez-vous bien de me barrer la route, laissez-moi libre. C’est cette route que je veux emprunter, c’est mon but et je l’atteindrai. Le jeu ne fait que commencer, il me plait et j’espère en sortir vainqueur. Le temps presse. Le temps ne passe pas assez vite pourtant. Si je veux atteindre mon but, si je veux arriver à destination, je dois agir. Mais je ne suis pas certaine de vouloir y arriver. Le voyage est tellement plus excitant que l’arrivée. Le jeu est bien plus enrichissant que le gain. Mais ce voyage entreprit ne durera pas. Un jour, la ligne d’arrivée sera devant moi et je devrai poser mes valises. Est-ce mal si j’aime le jeu ? Je sais que je ne gagnerai pas cette fois-ci, mais jusqu’à présent je ne perds rien. Pourquoi n’es-tu pas là tous les soirs ? Dois-je comprendre un message ? Je suis accro, je ne sais plus m’en passer. Vais-je souffrir ? Sans doute. Personne ne sors indemne de ce genre de voyage. Et dire qu’un jour je ne serai plus là. Qui s’en souviendra ? Toi ? Est-ce que je serai jugée ? Par qui ? Qui peut me jeter la pierre sans se la jeter à lui-même ? Personne ne souffre encore. Que mes juges pensent ce qu’ils veulent, qui sont-ils pour se permettre de juger ? Comment réagiraient-ils dans la même situation ? Je prends du plaisir, c’est si effrayant ? Je me flatte, je me charme, je joue, oui, et alors ? Je ne suis pas la seule. Je sais que tu aimes ça. Tu aimes ça. J’ai besoin de me réconforter, de me rassurer, de me persuader. No self esteem, c’est pour ça. Et puis à cause de toi aussi, c’est de ta faute. Je ne m’en plains pas, j’essaye de comprendre. Mais qu’est-ce que c’est bon, qu’est-ce que j’aime ça... Lily.
16:43
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13.02.2008
Je vous aime.
14 février oblige, parlons un peu de cet étonnant sentiment qu’est l’amour. « Encore…. » me direz-vous mes chers sporadiques futurs ex sujets. Mais voyons, très chers tousses, réfléchissez une seconde : premièrement, vous commencez à me connaître et donc vous devriez savoir que je parle essentiellement des choses de la vie (hors nous sommes le 13 février, veille de la sacro-sainte fête des amoureux), et deuxièmement, quel sujet peut mieux rallier les foules que l’amour ? C’est vrai, qui que vous soyez mes chers sujets, vous avez certainement déjà expérimenté les choses de l’amour. Souvenez-vous. Allez…, faites un effort. Ne me dites pas que ça remonte à si longtemps que ça ? Non, je ne vous crois pas. Que ce soit autrefois ou lundi passé, vous avez déjà tous éprouvé ce sentiment. Cette sorte d’euphorie à la vue de la personne aimée, cette attente insoutenable avant la prochaine rencontre (même s’il s’agit d’un moment furtif, volé au coin d’une rue), cette explosion au creux des reins (je l’aime bien cette expression, ça sent le vécu hein ) lorsque votre casse-croûte vous avoue ses sentiments réciproques, cette envie de crever s’il vous récuse sans autre explication. Vous connaissez tous ça. Nous connaissons tous ça. J’en entends certains d’entre vous maugréer : « Pfff, ça ne dure qu’un temps tout ça ». Il est vrai que la passion s’évanouit petit à petit, se dissipe, voire s’éteint, mais il ne s’agit pas là d’une fin en soi. Croyez-moi, chers sujets, cette ardeur fait place à moult autres sensations plus diverses les unes que les autres. Et celles-ci n’ont rien à envier à la véhémence du sentiment éprouvé au début d’une relation. Si ce n’est l’attrait de la nouveauté.Parfois, certains d’entre nous ne parviennent pas à la phase originale (originelle ?) de la relation (« rhoo non, j’ose pas lui dire que je l’aime, c’est certainement pas réciproque, je veux pas me prendre un râteau… »), d’autres font un blocage systématique à ce stade et ne le dépassent jamais ( celle que nous nommons jalousement la croqueuse d’homme aurait-elle peur de s’engager ?), d’autres encore prennent un malin plaisir à tenter de retrouver cet état de béatitude éprouvé au début (z’avez pas vu (lu) « Le Zèbre » ?). Etes-vous de ceux qui baissent les bras dès la première dispute et qui renoncent à être heureux en s’enlisant avec un(e) conjoint(e) qui ne lui convient pas ou plutôt de ceux qui travaillent tous les jours à entretenir cette relation qui semble pourtant tellement impossible ? Il est vrai que parfois les frontières entre tous ces aspects de l’amour sont si minces que l’on a du mal à se situer. Mais quoi qu’il en soit mes tendres sujets, nous nous situons tous quelque part. Je suis de ceux (celles – n’est-ce pas typiquement féminin ?) qui ne croient pas au désert sentimental, et je reste profondément convaincue que nous avons tous notre place dans la sphère amoureuse. Le tout n’est-il pas d’y croire irrationnellement ? Bonne St Valentin à tous. Je vous aime. Lily.
23:01
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11.02.2008
Ode au temps qu’il fait. Ou comment passer une journée de boulot dans la joie et la bonne humeur.
Aujourd’hui, premier jour de boulot depuis que le temps (la météo cette fois-ci) nous gâte. Tout d’un coup, j’ai presque envie de croire en dieu (heu, tout bien réfléchi, non, quand même pas à ce point-là). Mais presque. Je suis dans mon bureau, il fait -1000 degrés. Panne de courant pendant le week-end et mon minable petit radiateur à accumulation n’a rien accumulé. Donc il souffle de l’air froid alors que dehors le soleil commence à pointer le bout de son nez entre deux bâtiments. Je sens que la journée va être longue. A 10h, il fait toujours aussi froid et le soleil me nargue sournoisement en réchauffant ma nuque au travers de la fenêtre. Et si j’allais bosser au soleil ? Dehors. Hors des bâtiments. Hors du froid de l’hiver. Si j’osais… Oh et puis osons ! Vivons dangereusement, c’est parti pour une séance de banc solaire gratuit, au frais de la Princesse. « Chef, si on me cherche je suis dehors, pour me joindre ça sera sur mon portable». Et allez hop, me voilà enfin sortie de la Sibérie. Je m’installe confortablement sur un banc dans la cour entre les deux bâtiments, je m’assure d’avoir une vue d’ensemble sur le travail, j’enfile mes RayBan (pfff c’étaient les moins chers du magasin et non je ne suis pas une frimeuse, j’aime soigner mon look, c’est tout) et je commence tout doucement à me réchauffer… Nous sommes le 11 février et j’ai l’impression d’être au mois de mai (aller, avril au moins). Les cerisiers du japon qui bordent l’allée sont presque déjà en fleur, les oiseaux s’en donnent à cœur joie pour chasser les mouchettes, et surtout, et c’est sans doute ce qui me plaît le plus, les hommes enlèvent leur pull… Non, non, non, mes chers sujets, je ne suis pas en train de virer nymphomane. J’aime le corps masculin dans toute sa splendeur, c’est tout. Messieurs, si vous aimez que les beaux jours soient là pour que les jupes des filles se raccourcissent et que les cols roulés se transforment en col « V », moi, j’aime quand vous tombez vos vestes et quand vos pulls, plus courts, ne cachent plus vos derrières si bien dessinés dans vos jeans, et j’aime quand vous troquez vos pulls contre des t-shirts dans lesquels vos biceps sont à peine enserrés. Que celle qui n’a jamais observé un homme du coin de l’œil me jette la première pierre (aille ! menteuse…). Midi : je dînerai au soleil, après avoir réglé une chose ou l’autre. Une cigarette, un coup d’œil vite fait dans mon bureau, et je retourne au soleil. La journée est vraiment trop belle que pour rester enfermée dans un bâtiment fatigué et glacial. Les gens sont de plus en plus nombreux à passer devant moi. Certains se promènent, d’autres travaillent (comme moi ?), d’autres encore jouent. Tous profitent du soleil. De la douceur de l’air. Quel plaisir de voir que tout le monde à le sourire aux lèvres. Chacun semble un rien plus heureux que la dernière fois que je l’ai croisé. Les rires sont plus forts et les services rendus plus facilement. Même la Chef se détend et accepte que l’on travaille dehors. Décidément, le soleil est mon ami. Presque 16h. Il va être temps que j’abandonne mon banc et que je pense à ranger mes affaires. J’ai un peu de mal à décoller mon regard de tous ces biceps qui se pavanent devant moi mais j’ai hâte de retrouver ceux du beau brun qui paye la moitié du loyer avec moi. « Comment s’est passé ta journée Lily? ». « Bah, pas trop mal, j’ai bossé comme une dingue aujourd’hui j’suis crevée… ». Lily.
22:53
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07.02.2008
Mais où sont passées mes clés?...
Ce soir c’est soirée porte-clés. Des couples, des personnes seules, des jeunes, des moins jeunes, des beaux (belles) et des laid(e)s. En arrivant, chacun met ses clés dans un saladier. À la fin de la soirée, les femmes prennent un jeu de clé dans le saladier (sans les choisir, faut pas tricher), et repartent avec le (la) propriétaire des clés. Simple, clair, pas d’embrouilles. Tout le monde sait à quoi s’en tenir.Quand j’arrive le saladier est déjà presque plein. J’y dépose mes clés. J’ai l’impression que mon porte-clés est le plus gros de tous, puis qu’il est le seul dans ce minuscule saladier tout d’un coup. Prendre une grande respiration. J’avance vers le séjour. Certains visages sont connus (heureuse de les voir), d’autre pas (heureuse de les voir aussi). Je me sers un verre, un soda, mais je ne suis pas persuadée que la sobriété soit ma meilleure alliée dans ce genre de soirée. Tout le monde semble aussi tendu que moi. Vraiment tout le monde ? … « Tiens Lily, prend un petit four, je les ai faits moi-même, ils sont fourrés au Boursin ail et fines herbes ». Qui aurait dans l’idée de servir des amuse-gueules à l’ail dans une soirée dont l’issue est forcément intime… Je tourne en rond, je discute un peu de la pluie et du beau temps, soudain, un beau brun entre dans la pièce. Je me surprends à espérer que je tomberai sur ses clés (note pour plus tard : vérifier si les clés du beau brun sont dans le saladier). La soirée est commencée depuis un petit moment maintenant, j’en suis à mon septième soda (besoin de faire pipi), et certains invités se sont dégonflés. Ils ont repris leurs clés et sont rentrés bien sagement à la maison. J’étais en train de me demander si je n’allais pas faire de même tout en laissant mon numéro de téléphone dans la poche du beau brun quand mon hôtesse à l’ail et aux fines herbes crie à la cantonade que le jeu va commencer. Enfin. Cette fois-ci, je vais savoir si j’aurais dû accepter les vodkas que le maître d’hôtel m’a si gentiment proposées. « Mesdames, qui se lance la première ? ». Hors de question que ça soit moi, j’attends que l’ambiance se détende (personne n’a un petit joint ?). Celle qui a le privilège d’ouvrir le bal se retrouve avec les clés d’un docteur es mathématiques, cheveux gras et sourire d’ange. Soirée rigolote en perspective. La suivante part sous le bras d’un quinquagénaire terriblement sexy qui, de surcroît, roule dans la nouvelle BMW série 1. Je crois éprouver un tantinet de jalousie. Lorsque ma voisine de sofa se lève toute excitée qu’elle est, je lui chipe la place dans un élan de spontanéité qui me surprend plus que l’odeur âcre qui se dégage de mes aisselles. Je m’approche du saladier (j’ai la tête qui tourne, je pensais pourtant n’avoir bu que du soda), je plonge ma main dans la dizaine de porte-clés qui restent dans le saladier en espérant très fort que les clés du beau brun s’y trouvent (tiens je n’ai pas pensé à vérifier…). Alors que je sortais doucement la main du panier, mes jambes se sont dérobées sous moi et j’ai vu des constellations d’étoiles. Quelques instants plus tard, j’ouvre les yeux sur l’homme que j’aime : « Lily, t’es tombée dans les vapes. Tu vas bien ? ». « Les clés, celles que j’ai pêchées, elles sont à qui ? ». « Ce sont les miennes Lily, déçue ? ». Je savais bien que le visage du beau brun ne m’était pas inconnu… Lily.
23:27
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06.02.2008
Le monde tourne à l’envers. Ou ma télé est dépressive.
Nous remontons le temps mes chers sujets… Plutôt que d’évoluer vers quelque chose de meilleur, ce que nous serions en droit d’espérer, le monde à décidé de nous faire la nique et de retourner en arrière. Voyez plutôt : Pendant que certain(e)s se font vomir pour ne pas dépasser les 34Kg qui leur ouvrent les portes des défilés de mode, d’autres prennent des hormones de croissance pour gagner les 10cm que la société leur trouve de trop peu. Alors que certains traversent le monde en une semaine pour jouer leur match ou signer un contrat, d’autres décident de mettre leur vie en danger pour avoir la possibilité d’être reconnu citoyen d’un pays. Pendant que ces derniers souffrent et risquent la mort, d’autres refusent de leur porter secours. Alors que certains se gavent d’alcool jusqu'à en être malade, d’autres meurent de soif par manque d’eau potable dans leur village.Vous trouvez ça normal chers sujets? Moi pas. Je suis plus que certainement utopiste, voire naïve, mais j’aimerais que le monde soit autrement. J’aimerais que les gens se sourient dans la rue, que les automobilistes arrêtent de se faire des queues-de-poisson en grognant, que les hommes politiques ne nous prennent plus pour des cons, que nous arrêtions de jouer les braves moutons qui suivent le troupeau, que les commerçants ne montent pas leurs prix deux semaines avant les soldes, que les gens soient justement payés pour le travail qu’ils effectuent, que tous puissent s’offrir un toit, quelle que soit la couleur de la peau ou la religion, que les enfants puissent jouer dans la rue sans risquer un frontal avec une Mercedes ( deuxième règlement de compte : Lily 2 – le monde 0) ou un avenir pénible dans une cache de deux mètres carré et accessoirement, j’aimerais gagner le gros lot au tirage (comme quoi, on peut être philanthrope et totalement cupide). « Qu’attends-tu Lily pour faire bouger les choses alors? » me direz-vous mes chers sujets.Non seulement la question est pertinente, mais en plus elle est culottée. J’aime. Ma réponse est toute prête : Rien. Je n’attends rien parce que je FAIS bouger les choses. Tous les jours, dans mes relations avec les autres, dans mon boulot, dans mes textes. Chaque jour, je travaille à rendre le monde meilleur, à mon niveau bien sûr. À quoi cela servirait-il que je paye chaque mois un montant fixe à Amnesty International ou à la Croix-Rouge ? Mes 5 € serviraient-ils vraiment à défendre les causes qui m’inquiètent? À quoi cela servirait-il que je m’engage dans une œuvre humanitaire vu que je ne sais rien faire de mes dix doigts ? Alors j’écris, je converse avec les gens. Les mots c’est mon truc, c’est ma façon à moi de me battre contre ce que je ne trouve pas juste (même si je suis loin derrière certains qui manient les mots bien mieux que moi), et c’est avec eux que je travaille tous les jours à rendre le monde meilleur. Mais encore faut-il que les autres soient sensibles aux mots… Lily.
21:54
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| Tags : bush, naivete, utopie, injustice, mots, changer le monde |
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